mercredi 14 décembre 2022

BOIS PROFONDS COMME LA MER


 

Au sommaire de ce numéro :

 

Tristan Allix, Patrice Blanc, Olivier Bonhomme, Yve Bressande, Ferruccio Brugnaro, Stéphane Casenobe, Jeanne Champel-Grenier, François Charvet, Murielle Compère-Demarcy, Silvère Cordin, Ludovic Elzéa, Valérie Fincato, Pierre Frenkiel, Charles Frouin, Isabelle Garreau, Alain Guillard, Samir Hobeica, Annie Hupé, Clara Jezewski, Kiko, Catherine Lamagat, Stéphane Lambion, Jacques Merckx, Olivier Millot, Myriam Monfront, Jean-Pierre Otte, Henri Perrier-Gustin, Joëlle Pétillot, Michel Reynaud, Nicolas Rouzet, Saslac, William Shakespeare, Line Szöllösi, François Teyssandier.

Chroniques de Claude Fontayn (cinéma), Christian Degoutte (revues), Armelle Chitrit, Alain Wexler (recueils). Un hommage est rendu par Isabelle Poncet-Rimaud à Marie-Ange Sebasti.
 
 
Extraits

François Teyssandier


Et si le ciel n'était pas plus bleu

Mais devenait aussi vert

Qu'une feuille de platane


Que deviendrait le monde

Autour de toi peut-être une sorte

De vaste forêt sans frontières


Ou l'enveloppe d'un fruit mûr

Qui n'aurait pour seul noyau

Que la tiède lumière de sa chair


Tout est possible tu le sais

Dans ce imaginaire cortège d'images

Que ta pensée escorte de ses mots


Il te suffit d'ouvrir grand

Les yeux et la bouche

Pour que ta voix et ton regard


Modulent à l'infini des jours

La musique des cimes qui dévalent

La pente abrupte des torrents


*


Pierre Frenkiel


Il se dessine un cygure bleu sur la peau.

Un cygure qui bat des ailes

qui se dresse contre le vent

pour mieux s'envoler

au-dessus des cheminées

qui parsèment le Labrador.

Il se dessine un cygure attentif

sans voir les barreaux.

Pour lui, il n'y a plus que sa mère défunte

et l'encre bleue qui tinte

pendant que dehors un projecteur

fige les parapets

et leur donne un air de galets

de ceux qui ne bougent jamais.

Mais l'homme lui dessine

il sait que ce n'est pas vrai.

 

 

 

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