vendredi 11 juin 2021

VERSO N°184 : LE BATTEMENT DU MONDE

 


Au sommaire de ce numéro :

 

Marie-Laure Adam, Tristan Allix, Béatrice Aupetit, Patrice Blanc, Alexandre de Brez, Muriel Carrupt, Stéphane Casenobe, Sébastien Cochelin, Virginie Delahaye, Frédérique Duballet, Hubert Fréalle, Brigitte Hautefeuille, Sarah Lecina, Alain Jean Macé, Catrine Mafaraud et Hervé Merlot, Marc Mériel, Georges Mérillon, Olivier Millot, Évelyne Morin, Jean-Jacques Nuel, Hugo Portier, Jean-Paul Prévost, Michel Reynaud, Christine de Rosay, Éric Savina, Anne Soy, François Teyssandier, Nadine Travacca, William Shakespeare (traduit par Mermed), ainsi qu'une nouvelle de Charles Vanhecke.

Chroniques Marinette Arabian, Miloud Keddar (art et poésie), Jacques Sicard (cinéma), Pierre Mironer (poésie), Christian Degoutte (revues), Valérie Canat de Chizy, Jean Bensimon et Alain Wexler (recueils).
 
 
Extraits 
 
Jean-Jacques Nuel
 
Funambule
 
je vis trop il est vrai dans le passé
remémoré ou dans le futur
imaginé
 
tu me reproches avec raison
de ne pas vivre dans l'instant
présent
 
mais le présent n'est que la ligne
de partage
étroite 
fuyante
entre le passé et l'avenir
 
et je n'ai pas l'adresse
d'un funambule
à me tenir en équilibre
sur un fil 
 
*
 
Catrine Mafaraud
 
Ce n'est pas une expérience
Pas de véritable proposition
Mais pour sûr
Une histoire
C'est toi c'est moi
Ce sont tous les ponts suspendus
Des mémoires
Ca fait presque 30 ans
Où le dernier mot
Que tu me dis
En novembre 89
Fut
"Salope"
 
Et le Mur de Berlin
Tomba  

 

 

mercredi 17 février 2021

VERSO N°183 : QUE SUIS-JE ?

 

Au sommaire de ce numéro :

 

Line Szöllösi, Stéphane Casenobe, Nicolas Pain, Lorraine Pobel, Marc Bonetto, Mermed, Laurent Thinès, Murielle Compère-Demarcy, Olivier Billotet, Cathy Jurado, Béatrice Aupetit, Nicolas Rouzet, Tristan Allix, Christophe Migault, Patrick Chouissa, Faustin Sullivan, véronique Joyaux, Joseph Pommier, Sébastien Cochelin, Carole Dailly, Ferruccio Brugnaro, Sasslac, Mélanie Fourgous, Jean-Marc Pelletier, Lodi, Bénédicte Montjoie, Olivier Millot, Patrice Blanc, Willem Hardouin, Jeanne Champel Grenier, Jean-Paul Prévost, Jean-Marie Memin, ainsi qu'une nouvelle d'Éric Savina.

Chroniques de Marinette Arabian, Valérie Canat de Chizy (sur Lorand Gaspar), Pascale Giovanetti (sur Supervielle), Jacques Sicard (sur le cinéma), Miloud Keddar (sur la peinture de Jeanne Champel-Grenier). Les chroniques des revues sont de Christian Degoutte et celles des recueils de Jean-Christophe Ribeyre et Alain Wexler. 

 

Extraits 

 

Cathy Jurado

 

La maison rouge sur le col

 

L'auberge est sur le grand chemin,

Au bord du gouffre où convergent nos forces

Et souvent nous croyons y trouver le refuge des corps.

 

Louve brutale, j'ai bu le sang à même ton visage,

Maison grande ouverte du crime

Que se partagent les éperviers de mes peurs.

 

Mais je crie ;

Sur le plateau où gronde la lumière

Se replie la rumeur

Aux reflets de coupe-gorge

 

Mais je crie :

Reflux du sang

Dans le chant pur qui vient et visite ton coeur. 


*


Tristan Allix


Une mise à nu de l'âme

 

Je prends le temps de me traverser dans ma nudité

aux instants où ma masculinité me fait défaut

Pour reprendre le contrôle d'une certaine musique

je laisse un temps ces habits tomber dans mes antichambres

 

Il ne faut pas croire qu'un aveu de silence signifie l'abandon

Je ne parle pas de la nudité pour tout oublier

J'évoque la nudité de l'âme dans son accouplement vrai.

VERSO N°182 : DES TRACES PUIS LA MER

  

Au sommaire de ce numéro :

Géraldine Serbourdin, Pierre de La Fontaine, Mermed, Victor Malzac, Jeanne Champel-Grenier, Charles Vanhecke, François Charvet, Stéphane Robert, Agnès Moineau, Jean-Marc Couvé, Patrick Werstinck, Pierre Mironer, Danielle Helme, Barbara Le Moëne, Charles Frouin, Kiko, Jacques Vincent, Tristan Allix, Sonia Viel, Stéphane Jardin, Christine de Rosay, Christophe Petit, Isabelle Le Toullec-Khettab, Hubert Fréalle, Annie Hupé, Jean-Paul Prévost, Alain Jean Macé, ainsi qu'une nouvelle de Jasna Samic. 

Chroniques de Pierre Mironer, Pascale Giovanetti (consacrées à des poètes), Miloud Keddar (art et poésie), Jacques Sicard (cinéma), Christian Degoutte (revues de poésie), Alain Wexler, Jean-Christophe Ribeyre (recueils de poèmes). Hommage est enfin rendu à l'œuvre de Guy Chaty, décédé récemment.

 

Extraits

 

Danielle Helme

 

Quand le cours de la vie calme 

rencontre plusieurs obstacles imprévus

soudain cent milliards de cellules nerveuses

fermentent dans le cerveau,

des toxines du stress qui,

en l'atteignant, forcent le corps

tout entier à souffrir.

Des milliers de particules affolées

de souvenirs réduits en miettes,

brassés de troubles,

mêlés d'envies, d'incertitudes,

s'assemblent par hasard.

 

Ces particules fourmillent dans l'esprit,

quelle patience pour attendre que le dépôt retombe.

Et filtrer des milliers de particules affolées.

L'esprit deviendra à nouveau paisible, clair,

les idées renouvelées. 

 

*

 

Sonia Viel

 

À chaque pas se précise l'attente

À chaque pas se consume l'absence

La courbure du dos s'habitue

Les reins s'ouvrent et se plient un peu plus chaque fois,

Comme si le fleuve reprenait une place, sa place d'avant la tombée du jour

À chaque moment quelque chose tape,

Il y a toujours quelque chose qui tape

Le maillet, le volet, le pas

Il faut être ferme et légère à la fois

Ferme pour que les choses soient dites une bonne fois pour toutes,

Pour qu'on n'y revienne pas sans cesse,

Pour ne pas risquer de se perdre dans l'indécision

 

Souple pour ne rien briser,

Pas même le silence nécessaire,

Souple pour garder la cambrure féminine ou féline

Souple pour surtout ne pas se blesser, ne jamais se faire mal,

Ne surtout pas entraîner le regard dans une douleur qui nous

rendrait quelque peu soumise.

 

samedi 6 juin 2020

VERSO N°181 : TERRE DES MOTS


Au sommaire de ce numéro :

Marie-Laure Adam, Bernard Barthuet, Antoine Bertot, Patrice Blanc, Ferruccio Bugnaro, Stéphane Casenobe, Patricia Castex-Menier, Sébastien Cochelin, Murielle Compère-Demarcy, Paul Dalmas-Alfonsi, Michel Gendarme, Pierre Gondran, Hubert Gréaux, Emeline Houël, Kiko, Olivier Millot, Jean Monnet, Patrick Picornot, Julien Rubiloni, Jasna Samic, Saslae, Anne Soy, Line Szöllösi, Charles Vanhecke, Florian Vasseur, Gabriel Zimmermann.

Chroniques de Marinette Arabian (souvenirs), Jacques Sicard (cinéma), Pascale Giavonnetti (consacrée à la poésie de Jules Supervielle), Miloud Keddar (Art et Poésie), Christian Degoutte (revues), Valérie Canat de Chizy, Jean-Christophe Ribeyre et Alain Wexler (recueils).

Extraits

Emeline Houël

Il faudra convoquer les souvenirs - 
Et une dernière fois
Se fondre dans la brume

Il faudra se rappeler les légendes -
Et retrouver sur la grève
L'ombre du bateau fantôme

Il faudra sentir encore
L'odeur du printemps austral
Parmi les arbres et la mousse

Il ne faudra pas oublier
Le goût iodé des oursins, et le vent,
La bière brune, la mer et les genêts

Il faudra garder au creux des mains
Le froid du Sud.

*

Anne Soy

rien
une odeur des année 30
et de vieilles idées sans complexe

notre continent ferme les portes et les yeux
aux transhumances humaines
la tache brune se pavane

     tout le ciel tremble

rien
le vent se lève
la puanteur se répand

rien
     un avis de tempête imminente

*

Patricia Castex-Menier

Contrées 
de vie sèche,

pays de soif,

qu'ils
n'ont même plus la force
de parcourir.

Se
coucher alors,

on 
leur a chanté que la mort
fonctionne par écluses

des
écluses pour attendre sous terre

d'être
enfin à niveau avec le ciel.

jeudi 9 avril 2020

GUY CHATY

Guy Chaty nous a quittés le 7 avril 2020, des suites du Covid-19. Il était très apprécié de l'équipe de Verso et sa disparition nous attriste profondément.

Il avait été publié, entre autres, dans le numéro 175 de la revue (décembre 2018).


Ses textes, non dénués d'humour, évoquent souvent l'absurde, le rapport entre rêve et réalité, le dédoublement, aussi. Ce qui arrive à un autre que soi, l'autre soi-même. Dans son recueil J'avais quelque chose d'urgent à me dire (Henry, 2015), il parle de son double :

     J'ai un double. Nous avons chacun notre vie et nous retrouvons la nuit pour parler de notre cheminement.
     Le jour, nous risquons peu de nous rencontrer car nous vivons dans deux univers presque parallèles. Une fois seulement, j'ai aperçu mon double. Dans une rue d'Istanbul. J'ai été sidéré, suis resté figé. Il était sur le pont près des mosquées, regardant le Bosphore. Je ne voulais pas lui parler, je me suis sauvé car il était indécent que nous ayons un contact sous la lumière du soleil.
     La nuit, enfin, nous ouvre les bras.


Guy Chaty était membre du comité de rédaction des revues Poésie/première, Interventions à Haute Voix et Poésie-sur-Seine.

   

     

mercredi 8 avril 2020

VERSO N°180 : BARQUES SANS FOND



Au sommaire de ce numéro :


Tristan Allix, Marinette Arabian, Bernard Barthuet, Patrice Blanc, Jean-Michel Bongiraud, Olivier Bonhomme, Jacques Bonnefon, Muriel Carminati, Muriel Carrupt, Stéphane Casenobe, Chantal Couliou, Carole Dailly, Virginie Delahaye, Ludovic Elzea, Hubert Fréalle, Véronique Joyaux, Jacquy Joguet, Maria Lhortola, Alain Jean Macé, Alain Magaud, Fabien Marquet, Samuel Martin-Boche, Jacques Merckx, Mermed, Myriam Monfrond, Nicolas Pain, Jean-Paul Prévost, Stéphane Robert, Chantal Robillard, Christine de Rosay, Saslac, Eric Savina, Barbara Savournin, Charles Vanhecke.

Photo de couverture : Alain Wexler ; illustrations de Michel Julliard, Lydia Padellec (acryliques), Artémis Fréalle-Riby (photographies), Fischmann, Henry Reynard, Alain Wexler (photographies). 

Chroniques de Marinette Arabian (souvenirs), Jacques Sicard (cinéma), Miloud Keddar (art et poésie), Oriane Papin (couleurs), Christian Degoutte (revues), Alain Wexler et Valérie Canat de Chizy (recueils de poésie). 


EXTRAITS

Chantal Couliou

L'île insaisissable
cousue
de vents et de mystères
trône
au creux du silence.
Vivre
à son bord
est tout un art.

Au fil des tempêtes
la barque s'est usée
à se frotter
au vent qui brouillait
les itinéraires.

Aujourd'hui,
elle n'attend plus rien.
Elle est juste là.

**

Véronique Joyaux

Tu es le papier blanc qui précède les mots
le voyageur tout emmêlé de pluies
Au plus profond de toi tu caches une rumeur
et tu avances sur la terre
tu suis ses sillons réguliers
jusqu'au bout de toi-même.

*

Le jardin s'allonge le long des murs chauds
Une seule porte à franchir
Juste quelques pas
pour que chacun aille au bout de soi-même.

**

Bernard Barthuet

Dur roc
Dure montagne
Que la prairie apaise en les mouillant de vert
Au bruit de l'eau
Coulant à l'infini du temps
Lorsque le ciel couvre de bleu
Un monde où tout s'oublie.

Vivre l'instant,
L'attente,
Paisible,
Tranquille,
Que les troupeaux reviennent.

**

Carole Dailly

Intense lointain
La nuit commence
Enlace-moi
C'est l'heure abstraite
Après le jour, avant la nuit
Bleu outremer
Un sang rêvé
`A portée de mains
Ta peau ressort
Ta chair de lune
Chaleur diaphane
Une joie blanche,
Nos formes changent

mercredi 4 mars 2020

LECTURE VERSO DU 7 FEVRIER 2020

La lecture Verso du 7 février 2020 a réuni Marie-Ange Sebasti et Christian Moncel.

Marie-Ange Sebasti a lu des extraits de son dernier recueil, "La caravane de l'orage" (Jacques André éditeur), ainsi qu'un poème issu de l'anthologie "Etais", dirigée par et avec les photographies de Jean-François Agostini.





Christian Moncel, qui dirige "La petite revue de l'indiscipline", nous a parlé de Léonard de Vinci, dont il est question dans plusieurs numéro de sa revue.






mercredi 5 février 2020

L'UNIVERS DE... NICOLAS ROUZET


La nuit, Svéa pense à Jacques.

 A ses mains, ses regards.

Elle se déshabille entre l’armoire à glaces et la fenêtre ouverte sur les montagnes. Il fait presque aussi noir maintenant qu’on pourrait croire que le silence va se marier avec l’ombre.

Elle frôle de ses mains son corps encore engourdi par la chaleur du jour et du vin. Elle enfile une chemise de nuit. Blanche comme la lune. Elle est persuadée que Jacques la regarde. Quelque part, là-haut… perché sur le tilleul en face de la fenêtre.

Et la nuit est un gouffre qui nous surplombe.

Et toute la beauté du monde tient dans ce murmure du vent sur les feuillages.

La vie est faite de petits riens, se dit-elle.

Cette chambre est comme une barque ballotée par les eaux, et le vent vient nous dire quelque chose de très simple

 dont le sens perdu se ranimera au fil des souffles…


( extrait d’un récit inédit « sur le balcon » )

Nicolas Rouzet




Bibliographie sélective


Villa mon rêve, éditions Mazette, 2019
Terminus Nord, La Porte, 2016
Il fait tard dans ma nuit, La Porte, 2013
La visiteuse, MLD, 2011
Au seuil de la demeure, Encres Vives, 2004

Anthologies

Cent poètes de méditerranée, Jacques Basse, Rafaël de Surtis, 2012
Visages de poète, tome 2, Jacques Basse, Rafaël de Surtis, 2009

Liens