vendredi 6 décembre 2019

LECTURE VERSO DU 29 NOVEMBRE 2019

Lors de la lecture Verso du 29 novembre 2019, Roland Dauxois et Guillaume Dreidemie ont fait une lecture croisée de leurs textes.



Un hommage a été rendu au poète Georges Hassoméris avec une lecture du Tombeau de Dionysos par Titane et Alain Wexler.




lundi 21 octobre 2019

VERSO AU SALON DE LA REVUE

Alain Wexler et la revue Verso étaient présents au Salon de la revue à l'espace des Blancs-Manteaux (Paris 4) du 11 au 13 octobre 2019.




lundi 16 septembre 2019

VERSO N°178 : L'ENTRE-DEUX


Spécial Tarn en poésie 2019 
Cette année, Alain Wexler était présent à l'événement "Tarn en poésie", dont l'invité principal était Thierry Renard. Il rend compte des différents entretiens et rencontres qui ont eu lieu lors cet événement, dans ce numéro à part. 
 
Également au sommaire de ce numéro :


  Marie-Laure Adam, Antoine Bargel, Olivier Bonhomme, Vincent Boumard, Georges Bourgueil, Adrien Barganti, Valérie Canat de Chizy, Stéphane Casenobe, Jeanne Champel-Grenier, Sylvie Charreyre, Murielle Compère-Demarcy, Sadia Dilon, Antoine Durin, Mélanie Fourgous, Hubert Fréalle, Pierre Frenkiel, Michel Gendarme, Gabriel Henry, Leafar Izen, Véronique Joyaux, Daniel Kolacinski, Pierre de la Fontaine, Cyril Laucournet, Yvon Le Men, Alain Jean Macé, Hervé Merlot, Nicolas Pain, Anne Peslier, Joëlle Pétillot, Patrick Picornot, Jeanpyer Poëls, Guillaume de Pracomtal, Stéphane Robert, Ophélie Roque, Jean-Baptiste Sagnes, Saslae, François Teyssandier, Thésée, Marie-Hélène Tufel, François Vignet.
 

VERSO N°177 : LES GENS


Au sommaire de ce numéro :


  Jan Wagner (traduit par Roland Crastes de Paulet), François Charvet, Francesca Serrragnoli, Giancarlo Sissa, Christian Degoutte, Pierre Mironer, Olivier Billottet, Mélanie Fourgous, Véronique Joyaux, Tristan Allix, Mahé Boissel, Gérard Moquet, Christine de Rosay, Eric Jouanneau, Marie-Hélène Nocent, Michel Serraille, Marie-Thérèse Peyrin, Jean-Michel Couturier, Grégoire Di Fiore, Faustin Sullivan Denis Hamel, Ferruccio Brugnaro (traduit de l'italien par Jean-Luc Lamouille), ainsi que les nouvelles de Chantal Robillard, Jean-Baptiste Sagnes.

EXTRAITS

François Charvet

Elle a bu son premier verre. 
Puis elle s'est levée
lentement 
en s'aidant de ses mains
et elle s'est installée de l'autre côté de la table.
Elle a alors commandé un autre verre
l'a bu sans précipitation
mais sans détours
comme sur l'eau la houle se succède.
Au fond des deux verres qui se faisaient face
elle a sensiblement laissé la même mesure de bière.
Puis elle s'est tournée vers moi
et d'un instant à la volée
d'une limaille d'air
elle m'a dit que son mari était décédé deux semaines auparavant. 

*

Véronique Joyaux

Leur mémoire savait la bienveillance de la terre
nue offerte à la fin de l'été
prête à recevoir la semence
Leur parole émaillait les veillées
les femmes écalant les noix déshabillant les maïs
ou tressant des paniers avec l'osier rouge des haies
Le soir après la soupe trempée de pain
une fois la lampe à huile soufflée
chacun s'endormait sous l'édredon de plumes
autour de la cheminée encore vivante de braises
avec dans l'esprit l'ouvrage du matin
l'aube à naître semblable chaque fois
si ce n'était le temps qui se mettait à la pluie
ou éclaboussait de soleil les vitres sans volets.




mardi 11 juin 2019

LECTURE VERSO DU 7 JUIN 2019

La lecture Verso du 7 juin 2019 a réuni Chloé Landriot et Isabelle Poncet-Rimaud


Chloé Landriot a publié "Un récit" (Polder / Gros textes, 2016) et "Vingt-sept degrés d'amour" (Le Citron Gare, 2017). Elle a reçu le Prix Amélie Murat 2018 pour "Un récit", recueil dans lequel elle retrace la genèse de monde et de l'humanité.



Isabelle Poncet-Rimaud vient de publier son quinzième recueil, "Entre les cils", chez Jacques André Editeur. Elle publie depuis 1984. Elle a reçu plusieurs prix, dont celui de la Société des écrivains d'Alsace et de Lorraine. Certains de ses poèmes ont été traduits et publiés en Roumanie, Bulgarie, Albanie, Portugal, Espagne, Belgique, Islande, Grèce, Inde...


Crédit photo : Josette Vial

lundi 15 avril 2019

VERSO N°176 : LE CHEVAL QUI PLEURE


Au sommaire de ce numéro :


  Marinette Arabian, Manolis Bibilis, Olivier Billottet, Milena Bourjeva, Jan Wagner (traduit par Roland Crastes de Paulet), Yves Cronenberger, Ludovic Elzéa, Hubert Fréalle, Charles Frouin, Laurent Grison, Thomas Grison, Denis Hamel, Mireille Jannon, Chloé Landriot, Pierre de La Fontaine, Bernard Le Blavec, Lodi, Alain Jean Macé, Murielle Compère-Demarcy, Madeleine Melquiond, Jacques Merckx, Olivier Millot, Philippe Mollaret, Myriam Monfront, Cécile Ochesenbein, Jacqueline Persini, Jean-Paul Prévost, Éric Savina, Barbara Savournin, Armand Ségura, William Shakespeare (traduit par Mermed), Faustin Sullivan, Line Szöllösi, Pascale de Trazégnies.
 





prologue par alain wexler



Le cheval qui pleure



De l’arctique à l’antarctique, pleurent les chevaux, les mendiantes devant Dieu, les mendiantes devant le diable mais celle qui se vêt de troncs d’arbres, le jour venu reconnaîtra les siens.

Tous les animaux sortaient de ses entrailles comme d’un bassin de femme.

«Hibou de dos / Hibou de face // Dans la caverne de mon corps / Oiseau de nuit / Ma conscience»  

Nous fûmes de ces bêtes anciennes, nous aussi dont nous entendons le vacarme dans la chambre de notre mémoire.

Ce titre que m’a soufflé le texte de Chloé Landriot était celui d’un film de Donskoï. Un film immense dont je ne parlerai pas, faute de place. Le sujet ici, est la souffrance muette ou hurlante.

Madeleine Melquiond veut se lover dans la souffrance pour enfin trouver la paix. 

Cette souffrance serait-elle la déchirure dont Bernard Le Blavec dit qu’il faut la coudre pour que cesse la première ? La couture qui suit fidèlement la déchirure l’épouse. Idée de se lover.

Ainsi pour le caméléon, il est vital de se lover dans les couleurs ou entre les couleurs, il se cache dans le monde. 

Pleurer nous renvoie à l’acte un, la naissance.

Cheval, à l’idée de la course, la fuite.

Déchirés que nous sommes entre la naissance et la mort ! Bien sûr, la faim jamais éteinte, moteur du commerce et des conquêtes et tout est dit ou presque, dans ce monde à recoudre !

Laurent Grison écrit : « la liberté est belle comme le signe égal  ». Une phrase pour sauver le monde. A ce sujet, savez-vous que tout a commencé à aller de travers à partir du moment où des hommes politiques − ceux qui sont toujours élus − ont commencé à dire, à tout propos, les libertés au lieu de la liberté. Pascale de Trazegnies écrit que les hommes veulent prendre l’âme des femmes. Là est la différence entre la liberté et les libertés.

Ces libertés avec la langue ont dû commencer il y a 40 ans.

Déchirure !


EXTRAITS : 




milena bourjeva



Dans les cheveux cendrés




J’en ai assez de moi.

J’erre dans les cheveux cendrés de la Maritsa.

Toutes les deux, nous sommes mendiantes,

elle – devant Dieu

et moi – devant le diable.

Parce que de tout temps

c’est le diable qui l’emporte.

J’en ai assez de moi.

Le courant de la respiration

coule toujours en moi

et des roseaux exubérants me recouvrent.

Mon visage insensible se mire

dans un verre

et se revoit tel qu’il était

il sait par cœur où sont

ses yeux et ses sourcils.

Il sait par cœur pleurer et rire...

Non, je ne serai pas reconnaissante

à celui qui m’a créée

avec un seul visage

et un seul corps,

mais avec tant de prières non exaucées.


Traduit du bulgare par Païsssy Hristov


*


laurent grison

signe égal

tu lis tu écris
fenêtre grande ouverte

le soleil illumine
ton front soupçon-de-lait

un nuage de plumes
t’invite au voyage

tu apprends à voler
dans un courant d’air

en chantant à tue-tête
la chimère des hémisphères

dans le ciel rose orangé
comme un Cy Twombly

tu vois des oiseaux bleus
aux ailes déliées

qui inventent le jeu
de la carte et du hasard

ils dessinent avec grâce
la poésie comme la vie

pôles imaginaires
équateur magnétique

la liberté est belle
comme le signe égal

le vent décoiffe tes cheveux
avec un peigne en corne de brume

tu lis tu écris
fenêtre grande ouverte

*



olivier billottet

Livraison de pizza

«Livraison de pizza» : sujet assez banal.
Non, il faut quelque chose un peu mieux que ce thème.
J’avais un temps pensé ce récit infernal :
Une femme aguichante et coquine à l’extrême.

Non, il faut quelque chose un peu mieux que ce thème.
C’est moins moins dix-huit ans, pas bon pour les enfants
Une femme aguichante et coquine à l’extrême
Qui prendrait le livreur en des coins étouffants

C’est moins moins dix-huit ans, pas bon pour les enfants.
Alors j’ai délaissé ce récit d’une femme
Qui prendrait le livreur en des coins étouffants.
Cette situation est beaucoup trop infâme,

Alors j’ai délaissé ce récit d’une femme.
J’avais un temps pensé ce récit infernal.
Cette situation est beaucoup trop infâme.
« Livraison de pizza » : sujet assez banal.