vendredi 6 décembre 2019
lundi 21 octobre 2019
lundi 16 septembre 2019
VERSO N°178 : L'ENTRE-DEUX
Spécial Tarn en poésie 2019
Cette année, Alain Wexler était présent à l'événement "Tarn en poésie", dont l'invité principal était Thierry Renard. Il rend compte des différents entretiens et rencontres qui ont eu lieu lors cet événement, dans ce numéro à part.
Également au sommaire de ce numéro :
Marie-Laure Adam, Antoine Bargel, Olivier Bonhomme, Vincent Boumard,
Georges Bourgueil, Adrien Barganti, Valérie Canat de Chizy, Stéphane
Casenobe, Jeanne Champel-Grenier, Sylvie Charreyre, Murielle
Compère-Demarcy, Sadia Dilon, Antoine Durin, Mélanie Fourgous, Hubert
Fréalle, Pierre Frenkiel, Michel Gendarme, Gabriel Henry, Leafar Izen,
Véronique Joyaux, Daniel Kolacinski, Pierre de la Fontaine, Cyril
Laucournet, Yvon Le Men, Alain Jean Macé, Hervé Merlot, Nicolas Pain,
Anne Peslier, Joëlle Pétillot, Patrick Picornot, Jeanpyer Poëls,
Guillaume de Pracomtal, Stéphane Robert, Ophélie Roque, Jean-Baptiste
Sagnes, Saslae, François Teyssandier, Thésée, Marie-Hélène Tufel,
François Vignet.
VERSO N°177 : LES GENS
Au sommaire de ce numéro :
Jan Wagner (traduit par Roland Crastes de Paulet), François Charvet,
Francesca Serrragnoli, Giancarlo Sissa, Christian Degoutte, Pierre
Mironer, Olivier Billottet, Mélanie Fourgous, Véronique Joyaux, Tristan
Allix, Mahé Boissel, Gérard Moquet, Christine de Rosay, Eric Jouanneau,
Marie-Hélène Nocent, Michel Serraille, Marie-Thérèse Peyrin, Jean-Michel
Couturier, Grégoire Di Fiore, Faustin Sullivan Denis Hamel, Ferruccio
Brugnaro (traduit de l'italien par Jean-Luc Lamouille), ainsi que les
nouvelles de Chantal Robillard, Jean-Baptiste Sagnes.
EXTRAITS
François Charvet
Elle a bu son premier verre.
Puis elle s'est levée
lentement
en s'aidant de ses mains
et elle s'est installée de l'autre côté de la table.
Elle a alors commandé un autre verre
l'a bu sans précipitation
mais sans détours
comme sur l'eau la houle se succède.
Au fond des deux verres qui se faisaient face
elle a sensiblement laissé la même mesure de bière.
Puis elle s'est tournée vers moi
et d'un instant à la volée
d'une limaille d'air
elle m'a dit que son mari était décédé deux semaines auparavant.
*
Véronique Joyaux
Leur mémoire savait la bienveillance de la terre
nue offerte à la fin de l'été
prête à recevoir la semence
Leur parole émaillait les veillées
les femmes écalant les noix déshabillant les maïs
ou tressant des paniers avec l'osier rouge des haies
Le soir après la soupe trempée de pain
une fois la lampe à huile soufflée
chacun s'endormait sous l'édredon de plumes
autour de la cheminée encore vivante de braises
avec dans l'esprit l'ouvrage du matin
l'aube à naître semblable chaque fois
si ce n'était le temps qui se mettait à la pluie
ou éclaboussait de soleil les vitres sans volets.
François Charvet
Elle a bu son premier verre.
Puis elle s'est levée
lentement
en s'aidant de ses mains
et elle s'est installée de l'autre côté de la table.
Elle a alors commandé un autre verre
l'a bu sans précipitation
mais sans détours
comme sur l'eau la houle se succède.
Au fond des deux verres qui se faisaient face
elle a sensiblement laissé la même mesure de bière.
Puis elle s'est tournée vers moi
et d'un instant à la volée
d'une limaille d'air
elle m'a dit que son mari était décédé deux semaines auparavant.
*
Véronique Joyaux
Leur mémoire savait la bienveillance de la terre
nue offerte à la fin de l'été
prête à recevoir la semence
Leur parole émaillait les veillées
les femmes écalant les noix déshabillant les maïs
ou tressant des paniers avec l'osier rouge des haies
Le soir après la soupe trempée de pain
une fois la lampe à huile soufflée
chacun s'endormait sous l'édredon de plumes
autour de la cheminée encore vivante de braises
avec dans l'esprit l'ouvrage du matin
l'aube à naître semblable chaque fois
si ce n'était le temps qui se mettait à la pluie
ou éclaboussait de soleil les vitres sans volets.
mardi 11 juin 2019
LECTURE VERSO DU 7 JUIN 2019
La lecture Verso du 7 juin 2019 a réuni Chloé Landriot et Isabelle Poncet-Rimaud
Chloé Landriot a publié "Un récit" (Polder / Gros textes, 2016) et "Vingt-sept degrés d'amour" (Le Citron Gare, 2017). Elle a reçu le Prix Amélie Murat 2018 pour "Un récit", recueil dans lequel elle retrace la genèse de monde et de l'humanité.
Isabelle Poncet-Rimaud vient de publier son quinzième recueil, "Entre les cils", chez Jacques André Editeur. Elle publie depuis 1984. Elle a reçu plusieurs prix, dont celui de la Société des écrivains d'Alsace et de Lorraine. Certains de ses poèmes ont été traduits et publiés en Roumanie, Bulgarie, Albanie, Portugal, Espagne, Belgique, Islande, Grèce, Inde...
Crédit photo : Josette Vial
lundi 15 avril 2019
VERSO N°176 : LE CHEVAL QUI PLEURE
Au sommaire de ce numéro :
Marinette Arabian, Manolis Bibilis, Olivier Billottet, Milena Bourjeva,
Jan Wagner (traduit par Roland Crastes de Paulet), Yves Cronenberger,
Ludovic Elzéa, Hubert Fréalle, Charles Frouin, Laurent Grison, Thomas
Grison, Denis Hamel, Mireille Jannon, Chloé Landriot, Pierre de La
Fontaine, Bernard Le Blavec, Lodi, Alain Jean Macé, Murielle
Compère-Demarcy, Madeleine Melquiond, Jacques Merckx, Olivier Millot,
Philippe Mollaret, Myriam Monfront, Cécile Ochesenbein, Jacqueline
Persini, Jean-Paul Prévost, Éric Savina, Barbara Savournin, Armand
Ségura, William Shakespeare (traduit par Mermed), Faustin Sullivan, Line
Szöllösi, Pascale de Trazégnies.
prologue
par alain wexler
Le cheval qui pleure
De l’arctique à l’antarctique, pleurent les chevaux, les
mendiantes devant Dieu, les mendiantes devant le diable mais celle qui se vêt
de troncs d’arbres, le jour venu reconnaîtra les siens.
Tous
les animaux sortaient de ses entrailles comme d’un bassin de femme.
«Hibou de dos / Hibou de face // Dans la caverne de mon
corps / Oiseau de nuit / Ma conscience»
Nous
fûmes de ces bêtes anciennes, nous aussi dont nous entendons le vacarme dans la
chambre de notre mémoire.
Ce
titre que m’a soufflé le texte de Chloé Landriot était celui d’un film de
Donskoï. Un film immense dont je ne parlerai pas, faute de place. Le sujet ici,
est la souffrance muette ou hurlante.
Madeleine
Melquiond veut se lover dans la souffrance pour enfin trouver la paix.
Cette
souffrance serait-elle la déchirure dont Bernard Le Blavec dit qu’il faut la
coudre pour que cesse la première ? La couture qui suit fidèlement la déchirure
l’épouse. Idée de se lover.
Ainsi
pour le caméléon, il est vital de se lover dans les couleurs ou entre les
couleurs, il se cache dans le monde.
Pleurer
nous renvoie à l’acte un, la naissance.
Cheval,
à l’idée de la course, la fuite.
Déchirés
que nous sommes entre la naissance et la mort ! Bien sûr, la faim jamais
éteinte, moteur du commerce et des conquêtes et tout est dit ou presque, dans
ce monde à recoudre !
Laurent
Grison écrit : « la liberté est belle
comme le signe égal ». Une phrase pour sauver le monde. A ce sujet,
savez-vous que tout a commencé à aller de travers à partir du moment où des
hommes politiques − ceux qui sont toujours élus − ont commencé à dire, à tout
propos, les libertés au lieu de la liberté. Pascale de Trazegnies écrit
que les hommes veulent prendre l’âme des femmes. Là est la différence entre la
liberté et les libertés.
Ces libertés avec
la langue ont dû commencer il y a 40 ans.
Déchirure !
EXTRAITS :
laurent
grison
signe égal
tu lis tu écris
fenêtre grande ouverte
le soleil illumine
ton front soupçon-de-lait
un nuage de plumes
t’invite au voyage
tu apprends à voler
dans un courant d’air
en chantant à tue-tête
la chimère des
hémisphères
dans le ciel rose orangé
comme un Cy Twombly
tu vois des oiseaux bleus
aux ailes déliées
qui inventent le jeu
de la carte et du hasard
ils dessinent avec grâce
la poésie comme la vie
pôles imaginaires
équateur magnétique
la liberté est belle
comme le signe égal
le vent décoiffe tes
cheveux
avec un peigne en corne
de brume
tu lis tu écris
fenêtre grande ouverte
*
olivier billottet
Livraison de pizza
«Livraison de pizza» : sujet assez banal.
Non, il faut quelque chose un peu mieux que ce thème.
J’avais un temps pensé ce récit infernal :
Une femme aguichante et coquine à l’extrême.
Non, il faut quelque chose un peu mieux que ce thème.
C’est moins moins dix-huit ans, pas bon pour les enfants
Une femme aguichante et coquine à l’extrême
Qui prendrait le livreur en des coins étouffants
C’est moins moins dix-huit ans, pas bon pour les enfants.
Alors j’ai délaissé ce récit d’une femme
Qui prendrait le livreur en des coins étouffants.
Cette situation est beaucoup trop infâme,
Alors j’ai délaissé ce récit d’une femme.
J’avais un temps pensé ce récit infernal.
Cette situation est beaucoup trop infâme.
« Livraison de pizza » : sujet assez banal.
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