lundi 3 octobre 2016

Chronique du livre de Katia Roessel, "Les yeux bandés"



katia roessel : les yeux bandés – Mémoire vivante 12, rue Lacuée Paris 12 ème  16 €

Dans un monde où l’assassinat politique de Pasolini n’a pas fait plus de vagues que cela, je salue ce livre dont la recension fait suite à la publication de Katia Roessel dans le n° 164. Cette réflexion m’est inspirée par «Cristal étoile» page 19, qui reproduit une phrase de l’invité divin dans Théorème, un des chefs-d’œuvre de P.P.P. : « au centre de la ville / il y avait une / fontaine nocturne / avec des larmes / limpides. /  dès lors je suivais / « le tour de bonté serait plus long à se reproduire qu’une étoile   » Les textes de Katia Roessel font irruption dans notre monde tels des météores. Cette image me vient à la lecture D’Or, page 50 où elle cite une phrase d’Hölderlin :  « mais l’espoir telle une étoile qui tombe du ciel traversa leurs esprits ». D’étranges jeunes femmes avec de l’or dans leurs cheveux qui dansaient des danses transcendantes, qui se tatouaient selon la nature car elles en faisaient partie, se dispersaient, se mêlaient aux siècles, s’y accordaient... Des muses sans doute car je lis que leur poème devenait homogène et aussi vaste qu’une orbite, un cercle de mœurs et de prières. Ce livre est dionysiaque en quelque sorte. Il commence par une célébration du printemps, temps de la libération du monde. Celui-ci est vu comme tombé d’une catastrophe.

Alain Wexler

samedi 21 mai 2016

LECTURE VERSO DU 3 JUIN 2016

La lecture Verso du vendredi 3 juin 2016 a réuni Alain Crozier & la revue Cabaret, Mermed et Marie-Ange Sebasti


Alain Crozier a été publié dans de nombreuses revues dont Verso. Un livre : Les cités magnétiques chez Jacques André. Le corps est très présent dans son écriture. Le corps du poème ou corps du désir plus l'art de la chute ou de la disparition. La revue Cabaret est un lieu à part. À suivre !



Lecture d'extraits de la revue Cabaret par Muriel Carrupt et Régis Evellier


Mermed est un traducteur  et voyageur infatigable. Inventeur de mythes. Mystificateur pour notre plaisir. Par exemple dans le dernier Verso, les destins croisés ou parallèles du Christ et de Bouddha.



Marie-Ange Sebasti vient de publier La connivence du marchand de couleurs chez Jacques André. Cette pure fiction nous tient toujours en haleine. "Désespère ton impatience / Retarde quelque temps / ta naissance / Apprends encore un peu / de la vie".

Photos : Josette Vial

dimanche 1 mai 2016

En ce lieu juste du jour d'après ... L'UNIVERS D'EVELYNE MORIN



En ce lieu juste du jour d’après

Les plus lointains silences se rapprochent
Là
d’ailleurs
à la frontière de ce qui prend lieu

D’aucune autre apparence

Mais ici laissant
ce qui
sans nom
brûle au soleil
appelle le silence
miroitant du ciel

Une poussière d’être
Poussière légère
Rien qui subsiste
Mais en suspens
un soleil qu’on n’avait jamais vu
Poussière de lune
Poussière de nuit
Poussant la vie dérisoire
dans les recoins
de pièces anciennes
Rien provisoire
Et le vide appelle
rempli de désirs tant
qu’à choisir faut
l’angoisse
Rien retenu
au bord de s’élancer

Mais vient l’enfance
tardive
allumée à l’incendie
de cette nuit

Cela
obscurément possible
Poussière légère
Le mot échéant
Confronté à
maintenant
Épuisement du vide
happant tous les désirs
D’aucun désir
ne pouvant tisser
la trame

Ce mot qui se cherche
Ce mot qui me cherche
Là sur le vide
en attente
gris solitaire
d’un temps qui n’advient
Un livre peut-être
à écrire
qui ne serait
ni la nuit ni le jour
Mais cette fenêtre
grande ouverte
Et rien après
Qu’une pièce inexplorée
silencieuse
d’inquiétude

Le temps
sourd
Sape de ce qui est
passé
Déjà atteint
En suspens au bord du vide
miné par l’instant


            Évelyne Morin





Évelyne Morin, née à Tulle, vit en Essonne.
Poète, professeure de lettres, comédienne, elle a publié une vingtaine de recueils (dernières parutions : Matin de l’arbre levant, Le Nouvel Athanor, 2014 ; Le Bois des corbeaux (Photos d’Éliane Morin), Gros textes/Les Tilleuls du square, 2015 ; Ronde noire (illustrations d’Alexandre Hollan), est à paraître aux éditions Jacques Brémond.
Elle contribue à plusieurs revues, dont Les Cahiers du sens, Comme en poésie, Concerto pour marées et silence, revue, Décharge, Diérèse, Interventions à haute voix, Poésie/première, Souffles, Verso…), et anthologies (L’Athanor des poètes anthologie 1991-2011 par Jean-Luc Maxence et Danny-Marc (Le Nouvel Athanor 2011), Ouvrir le XXIème siècle, 80 poètes québécois et français Mœbius & Cahiers du sens 2013…)

Elle assure la programmation de Poésie&musique.orge (partenariat entre la MJC de Savigny-sur-Orge et la Compagnie Théâtrale Les Trois Clous).


lundi 14 mars 2016

LECTURE VERSO DU 1er AVRIL 2016

La lecture Verso du vendredi 1er avril a réuni : Arlette Perussie, Claire Rengade, Florence Vivant.

Claire Rengade, invitée aux rencontres de Saint-Martin d'Hères en novembre dernier, sur le thème du travail, mit en scène un demandeur d'emploi et son interlocuteur en poussant le rapport nov-langue et langue commune jusqu'à l'absurde. Un moment extraordinaire.



Arlette Perussie scrute les apparences, leur jeu de miroirs. Qui sommes-nous ? Qui nous hante ? "Que veux-tu inconnu à venir dans mes soirs / Briser la quiétude des nuits fabriquer des cauchemars ? Serais-tu l'invisible remords l'inconsolable vide ? (...)"



Florence Vivant dénonce la machine impitoyable qui détruit l'humanité : "La nuit se referme sur toi, / mon frère / et la lumière que tu retiens / encore en toi / est plus vive / que ce soleil lointain / qui éclaire des hommes malades / de ne pas trouver leur chemin (...)"